L'histoire de Valoche Studio, c'est d'abord l'histoire d'une mère.
La première pièce à droite en entrant dans notre maison était un atelier. En y entrant, on pouvait y voir une machine à coudre industrielle et des cartons de gants empilés du sol au plafond. Vous auriez pu apercevoir Valoche, l'air concentrée, en train de coudre un gant ou une cagoule.
Le bruit incessant de cette machine qui grondait toute la journée, depuis tôt le matin et jusqu'à tard le soir. Ma mère travaillait à domicile, payée à la pièce. Parfois ma grand-mère venait l'aider, avec cette fameuse baguette qu'elle glissait dans les gants pour les retourner avant de les remettre en carton.
Je regardais, j'entendais. C'est tout ce que je faisais. J'étais persuadée que ce n'était pas pour moi, que je n'étais pas douée pour ça.
Et puis un jour, j'ai acheté un kit et j'ai appris le crochet. Puis le tricot, que j'allais jusqu'à ramener à l'école. Puis la couture. Puis la broderie, plus récemment. Chaque technique arrivée à son moment, chacune qui a pris sa place dans ma vie comme si elle avait toujours été là.
J'ai quitté mon alternance et l'école. Le travail traditionnel, la hiérarchie, la cadence, la case, ça ne me ressemble pas. Ce qui me ressemble, c'est ça : s'inspirer, créer, réfléchir. Décider moi-même de ce que je fais et pourquoi.
Valoche Studio, c'est le nom de tout ça. Valoche, le surnom de ma mère, celle dont la machine grondait jusqu'à tard. Je ne fabrique pas les mêmes choses qu'elle. Mais c'est le même geste, transmis autrement.
L'approche
Ce que ça veut dire, faire les choses bien.
Je travaille avec des matières naturelles certifiées: coton, laine, lin. Le moins de synthétique possible. Une marge nette plafonnée à 40 % parce que le reste, c'est pas mon argent. Et une part de ce qui rentre chaque mois va à des associations ou une cagnotte pour des causes qui me touchent.
Suffisant plutôt que maximisé. Fait à la main plutôt que fait en masse. C'est à peu près tout ce que j'ai à dire sur le sujet.